À Libreville, la scène culturelle bouge, se cherche, se transforme. Entre les artistes émergents, les lieux qui renaissent et un public de plus en plus curieux, quelque chose est clairement en train de se passer. Et dans cet écosystème en pleine évolution, certains projets ne passent pas inaperçus. Le groupe PINDI fait partie de ceux-là.
Le vendredi 13 mars 2026, PINDI investit la scène de l’Institut Français du Gabon pour un concert annoncé comme un retour aux sources. Une promesse forte, dans un contexte où la musique gabonaise contemporaine oscille souvent entre imitation des tendances extérieures et quête d’identité propre. PINDI, lui, a fait un autre choix : partir de la forêt pour parler à la ville, convoquer les racines pour dialoguer avec le monde.
Fondé en 2022 par Maître Engone, Khery Seshet3w et Eloquent Grand B, le groupe s’est construit loin des formats faciles. Slam, hip-hop, jazz, sons électroniques et rythmes traditionnels se croisent dans une proposition artistique cohérente, pensée et assumée. Ici, la musique n’est pas seulement divertissement : elle est récit, mémoire, transmission.
Dans un paysage culturel gabonais où les espaces de diffusion restent limités et où les artistes doivent souvent se battre pour exister durablement, PINDI a choisi la voie du travail de fond. Tournées locales et internationales, passages à Kinshasa, Montréal ou Toulouse, spectacle structuré (NGWALI, le chant de la perdrix), collaborations… Le groupe s’inscrit dans une dynamique professionnelle tout en restant profondément ancré dans l’imaginaire gabonais.
Ce qui frappe dans la proposition de PINDI, c’est cette capacité à parler à plusieurs générations en même temps. Les anciens reconnaissent les rythmes, les symboles, les énergies. Les plus jeunes se retrouvent dans les mots, le flow, l’attitude scénique. PINDI crée un pont là où il y a souvent rupture : entre tradition et modernité, entre sacré et quotidien, entre village et métropole.
Dans un écosystème culturel parfois fragmenté, où chaque discipline avance de son côté, ce type de projet rappelle que la musique peut encore être un lieu de rassemblement. Un espace où l’on danse, certes, mais aussi où l’on écoute, où l’on réfléchit, où l’on se reconnaît. PINDI ne vient pas “faire le show” au sens classique. Le groupe vient proposer une expérience, presque un rituel contemporain.
Le choix de l’Institut Français du Gabon n’est pas anodin. L’IFG, récemment rénové, cherche à redevenir un carrefour culturel fort à Libreville. En accueillant PINDI, il offre une scène à une création locale exigeante, tout en affirmant son rôle dans l’accompagnement des artistes gabonais vers une visibilité plus large. C’est aussi ça, un écosystème culturel qui fonctionne : des artistes engagés, des lieux ouverts, un public prêt à suivre.
Pourquoi ce concert est-il important ? Parce qu’il dit quelque chose de l’état actuel de notre culture. Parce qu’il montre qu’il est possible de créer autrement, sans renier d’où l’on vient. Parce qu’il rappelle que la musique gabonaise a encore beaucoup à dire — quand on lui laisse le temps, l’espace et les moyens de s’exprimer.
Le 13 mars, PINDI ne montera pas sur scène pour simplement jouer des morceaux. Le groupe viendra réveiller des mémoires, faire vibrer des corps, poser des questions aussi. Et dans une ville qui a besoin de repères culturels forts, ce genre de rendez-vous compte.
Rendez-vous le vendredi 13 mars 2026 à 19h à l’Institut Français du Gabon.
🎟️ Billet : 5 000 FCFA – disponibles à l’IFG
Info au 060 68 50 76 / 074 84 33 82
Chez VINGUELE, on continuera à suivre et à raconter ces projets qui font avancer la culture, pas à pas, scène après scène. Parce que vivre l’événement, c’est aussi le comprendre.